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🧀 Chronique d’un week-end au Mont d’Or (ou comment finir en fondue)

26 août
7 min de lecture

Après le succès de notre escapade en Alsace pour courir le Landelow trail l’an dernier, le rendez-vous était pris pour le week-end du 21 juin dans le Jura. Direction Métabief (qu'on prononce « Métabié » pour ne pas se faire baffer par les locaux), au pied du Mont d'Or, une contrée fort connue des adorateurs de fromage fondu et de cholestérol assumé.


🎬Épisode 1 : Une équipe de choc

La délégation des Kuristos était constituée de 8 téméraires, bien décidé·e·s à chevaucher les pentes jurassiennes à la frontière suisse (sans déclarer leurs cuisses à la douane). Marie-Noëlle, qui devait être de la partie, a dû déclarer forfait. Mais attention, elle a été une intermédiaire en or : c’est elle qui nous a dégoté le gîte ! Elle a géré les proprios à distance comme une cheffe. Merci à elle, cela nous a évité de dormir à la belle étoile (et vu la météo, on aurait fondu).


La grille des supplices

Quatre distances nous attendaient au menu du jour. Les cobayes se sont répartis ainsi :

  • Les "Petits Joueurs" (16 km) : Catherine, Vassilis et Valentin.

  • Les "Médians Masochistes" (25 km) : Aude, Sibylle et Isidro.

  • Les "Grands Malades" (Initialement 55 km) : Nathias et Vincent.


Chaleur orange

Le vendredi 19 juin, la canicule s'abat sur l'Europe. Le Doubs passe en vigilance orange. Traduction : il fait assez chaud pour faire cuire un œuf sur le crâne d'un coureur. Mais les organisateurs sont chauds bouillants : le trail aura lieu !


Vue panoramique proche de notre gîte à Montperreux.
Vue panoramique proche de notre gîte à Montperreux.

Le samedi 20 juin, trois voitures s'élancent de Woluwe-Saint-Lambert. Sept heures de route plus tard, arrivée à Montperreux. Pas de pépin à signaler, à part quelques fesses engourdies. Nathias, notre pilote de Formule 1, fonce chercher les dossards. Et là, c'est déjà  le drame. Première douche froide (ou plutôt coup de chaud) : le 55 km est raboté à 44 km à cause de la chaleur.


Déjà-vu ! L’an dernier au Landelow, le 25 km avait été réduit à 15 km au dernier moment. Et devinez pour qui ? Encore pour Nathias et Vincent. Ces deux-là ont un super-pouvoir : ils font rétrécir les distances comme un pull en laine au sèche-linge.


Bougies et couperet préfectoral

Le soir, on fête l’anniversaire de Vassilis (qui avait pris un an de plus la veille). Il a soufflé ses bougies avec élégance, sans déclencher l'alarme incendie du gîte, ce qui est un exploit vu la température ambiante.


Vassilis souffle ses bougies la veille de la course avec un grand gâteau comme il les aime.
Vassilis souffle ses bougies la veille de la course avec un grand gâteau comme il les aime.

Juste avant le dodo, l’annonce tombe : le 44 km (anciennement 55 km) passe à 38 km ! C’est officiel, Nathias et Vincent sont maudits. En plus, la préfecture tape du poing sur la table : à 13h00, tout le monde dehors ! Les traînards seront interceptés et rapatriés avant le pic de chaleur de 14h. Autant vous dire qu'il va falloir mettre le feu aux baskets pour ne pas se faire ramasser par la patrouille.


Le jour du grand rôtissage

Dimanche, 4 heures du matin. Les réveils de Nathias et Vincent hurlent à la mort. Avalage de café en vitesse. Les départs sont échelonnés : 6h pour les grands maudits, 8h pour le 25 km, et 9h pour le 16 km.


Nathias et Vincent au départ de la course.
Nathias et Vincent au départ de la course.

Le profil des courses ? Une vraie boucherie. Des pentes à 30 % qui vous détruisent les fibres musculaires plus vite qu'un hachoir à viande. Les cuisses vont déguster, mais heureusement, les ravitos ont été blindés en eau pour éviter que les Kuristos ne se transforment en momies déshydratées.


13h30 : Fin du game. Le thermomètre de la voiture affiche 40°C. Les 8 Kuristos sont vivants, mais dans quel état de décomposition ?


🎬 Épisode 2 : La vérité sort de la bouche des traileurs (autour d’un Comté)

20h00. Le moment de vérité. Les 8 rescapés sont attablés devant une fondue géante au Comté, le tout arrosé de vin du Jura pour lubrifier les rouages internes. C’est l’heure du débriefing.


La fondue franc comtoise par 35°C
La fondue franc comtoise par 35°C

La brigade du 16 km : Embouteillages et turbo

Vassilis ouvre le bal avec une réflexion hautement philosophique : « Dites, j'ai pas bien pigé le concept de votre trail... On est venus pour courir, non ? Parce que moi, j'ai passé mon temps à faire la chenille à la queue leu leu dans des bouchons en pleine montée ! J’ai couru que sur le plat, c’est-à-dire presque jamais ! » Éclat de rire général. Vassilis vient de découvrir que le trail de montagne, c’est avant tout de la rando intensive avec un dossard.


Valentin, Vassilis et Catherine au départ de la course.
Valentin, Vassilis et Catherine au départ de la course.

Catherine, de son côté, avoue avoir bien dégusté dans les montées sous ce soleil de plomb. Pourtant, quand on l'a vue franchir la ligne après 3h15 et 710m de dénivelé positif, elle affichait un teint de rose et un sourire ultra-bright. Un mystère de la science.


Valentin, notre amoureux des sentiers, était un poil frustré. Son tendon d’Achille faisait la tête depuis des semaines, l’empêchant de se préparer comme il se doit. La raison l’a poussé à rétrograder sur le 16 km. Grand bien lui a pris ! Après un démarrage en mode "grand-père prudent" pour tester son tendon récalcitrant, il a enclenché le turbo. Il a littéralement bombardé dans la descente finale vers Métabief pour boucler l'affaire en 2h05. Chapeau l'artiste !


L'escouade du 25 km : Slalom, sueur et bloub-bloub


Sibylle, Aude et Isidro au départ de la course.
Sibylle, Aude et Isidro au départ de la course.

Pour le 25 km (et ses 1435m de dénivelé), le départ est donné à 8h. Après un trajet stressant sur des routes jurassiennes pleines de nids-de-poule, nos trois mousquetaires prennent le temps de taper la pose. Au départ, ils rejoignent Anne et Pascal, nos chers ex-Kuristos bourguignons, venus eux aussi goûter à la fournaise du Mont d’Or.


Pour Sibylle, qui se plaignait pourtant de la guibolle la semaine passée, ce fut une promenade de santé (ou presque). Flanquée d'Anne, elle a avalé les bosses et les descentes pendant 4h40. Son principal défi ? Slalomer entre les concurrents et esquiver les crachats de

coureurs peu élégants. Un vrai parcours du combattant.


Aude et Nathias se retrouvent pendant la course.
Aude et Nathias se retrouvent pendant la course.

Aude a géré son effort sagement. Au détour d'un ravito commun, elle croise le chemin de Nathias. Les deux décident de faire un bout de chemin ensemble pour tromper la montre et échapper à la fameuse barrière horaire de 13h. Malheureusement, face à des pentes de dégénérés qui auraient découragé un bouquetin, ils ont dû se rendre à l'évidence : impossible de rentrer dans les temps préfectoraux. Les pourcentages ont eu raison de leurs mollets.


Enfin, terminons par Isidro. C'était son tout premier trail. Confiant après un marathon bouclé sans ciller, et persuadé que son sang espagnol le protégerait des 35°C, il est parti la fleur au fusil : sans casquette et avec une simple gourde à la ceinture. Grave erreur !

Il a vite compris que la montagne n'a rien à voir avec le bitume. Les cuisses en feu, une soif de désert africain... À chaque ravito, son cerveau lui criait de boire avec modération, mais ses mains enchaînaient les verres d'eau fraîche en mode "cul sec". Résultat des courses : Isidro a terminé sa course accompagné par un orchestre de "bloub-bloub" mémorables résonnant directement depuis son estomac transformé en jacuzzi.


Isidro termine son premier trail !
Isidro termine son premier trail !

🎬 Épisode 3 : Les survivants de la longue distance et le verdict final


Les maudits du 38 km : L’opération « Sauve qui pneu »

Il est temps de parler de nos deux grands malades, Nathias et Vincent, partis dès l'aube (6h du matin, l'heure où même les coqs du Jura dorment encore). Pour rappel, leur course de 55 km a fondu comme neige au soleil pour devenir un 38 km. Un vrai coup de Jura-ssic Park pour le moral !


Dès les premières foulées, le duo a compris que ce ne serait pas une promenade de santé, mais plutôt un pèlerinage de l'extrême. Courir sous cette chaleur, c'était l'assurance d'avoir les grolles qui fument et les neurones qui crament.




Vincent, solide comme un roc (ou plutôt comme un bloc de Comté « vieux »), a géré sa course d'une main de maître. Malgré des côtes à couper le sifflet et des descentes conçues pour vous détruire les rotules, il a tracé sa route sans broncher. Il a franchi la ligne d'arrivée avec la satisfaction du travail bien fait et les cuisses en compote, mais le sourire aux lèvres. Un vrai traileur tout-terrain !


Nathias, notre fusée et chercheur de dossards officiel, a tout donné. Après avoir fait l'altruiste et soutenu Aude sur le parcours du 25 km, il a dû puiser dans ses dernières réserves de carburant. Les pentes de « dégénérés » ont bien failli avoir la peau de ses mollets, mais sa détermination était plus forte que la canicule. Il termine ce chantier monumental essoré, vidé, mais bien vivant. Chapeau bas les artistes, vous avez survécu à la malédiction !


Le repos des guerriers : Isidro, Nathias et Vincent.
Le repos des guerriers : Isidro, Nathias et Vincent.

🏆 Le bilan des Kuristos : une équipe en Or !

La fière équipe du Kuristo la veille de course. De gauche à droite : Vassilis, Sibylle, Catherine, Isidro, Aude, Vincent, Valentin et Nathias.
La fière équipe du Kuristo la veille de course. De gauche à droite : Vassilis, Sibylle, Catherine, Isidro, Aude, Vincent, Valentin et Nathias.

Au final, quel week-end de folie ! Qu'on ait couru 16, 25 ou 38 kilomètres, on peut le dire haut et fort : on a mis la barre très (Mont d') Or !

  • Le record du monde de "bloub-bloub" : attribué à l'unanimité à Isidro et son estomac-jacuzzi.

  • Le prix de la fraîcheur Colgate : pour Catherine et son sourire impeccable après 3h15 de calvaire.

  • La palme du turbo-tendon : pour Valentin, le bombardier de Métabief.

  • Le prix de la patience infinie : pour Vassilis, le roi de la chenille en montagne.

  • Le diplôme de l'esquive de bave : pour Sibylle, la slalomeuse d'élite.

  • Le prix de la combativité : pour Aude, qui a bravé les barrières horaires.

  • Le trophée des rescapés de la malédiction : pour Vincent et Nathias, nos guerriers du désert jurassien.




Et enfin, le grand merci : À Marie-Noëlle, notre agente immobilière de l'ombre, sans qui nous n'aurions pas pu nous empiffrer de fromage fondu dans ce superbe gîte.

L’an dernier l’Alsace, cette année le Jura, toujours sous la fournaise... Où irons-nous fondre l'an prochain ? Les paris sont ouverts, mais une chose est sûre : les Kuristos ne manquent jamais de ressort (ni de fromage) !

 
 
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